Quiz : le devoir (Terminale, bac de philo)
Ce quiz porte sur la notion de devoir en Terminale : morale kantienne, utilitarisme, éthique de conviction et de responsabilité, critique nietzschéenne. Fais-le sans notes, puis relis les corrections pour savoir mobiliser ces références en dissertation.
Le quiz : 11 questions corrigées
Réponds sans regarder ton cours : l’explication s’affiche après chaque réponse.
Question 1 sur 11
Quelle est la différence entre un impératif hypothétique et un impératif catégorique chez Kant ?
Réponse : Le premier commande sous condition, le second sans condition. L’impératif hypothétique commande un moyen en vue d’une fin (« si tu veux… »). L’impératif catégorique commande absolument, sans condition : c’est la forme de la loi morale.Question 2 sur 11
Laquelle de ces phrases est un impératif hypothétique ?
Réponse : « Si tu veux guérir, prends ce traitement ». Cet impératif dépend d’une fin que l’on peut vouloir ou non (guérir) : il est hypothétique. Les trois autres commandent sans condition, à la manière de l’impératif catégorique.Question 3 sur 11
Que demande la formulation de l’impératif catégorique qui porte sur l’humanité ?
Réponse : Traiter autrui aussi comme une fin, jamais simplement comme un moyen. Kant n’interdit pas de recourir aux services d’autrui, mais jamais « simplement » comme à un moyen : sa dignité de personne doit toujours être respectée. Le « plus grand bonheur du plus grand nombre » est la formule de l’utilitarisme.Question 4 sur 11
Selon Kant, le commerçant honnête par intérêt agit…
Réponse : conformément au devoir. Son action est extérieurement conforme à ce que le devoir exige, mais elle est motivée par l’intérêt (garder sa clientèle). Elle n’a donc pas de valeur morale, qui suppose d’agir par respect pour la loi.Question 5 sur 11
Quelle doctrine juge une action morale d’après ses conséquences sur le bonheur général ?
Réponse : L’utilitarisme. Pour Bentham et Mill, la bonne action est celle qui maximise le bonheur du plus grand nombre. Kant, au contraire, juge la moralité à l’intention et non aux conséquences.Question 6 sur 11
Quel auteur distingue éthique de conviction et éthique de responsabilité ?
Réponse : Max Weber. Dans Le Savant et le politique (1919), Weber oppose celui qui agit selon ses principes sans se soucier des effets et celui qui répond des conséquences prévisibles de ses actes. L’homme politique doit selon lui tenir compte des deux.Question 7 sur 11
Selon Nietzsche dans La Généalogie de la morale, la morale de l’humilité et de la pitié est…
Réponse : une morale d’esclaves née du ressentiment. Nietzsche y voit une « morale d’esclaves » : les faibles, par ressentiment, ont renversé les valeurs des forts. L’« instinct divin » est la définition de la conscience donnée par Rousseau.Question 8 sur 11
Comment Rousseau qualifie-t-il la conscience morale dans l’Émile ?
Réponse : D’« instinct divin ». Dans la « Profession de foi du vicaire savoyard », Rousseau s’exclame : « Conscience ! conscience ! instinct divin, immortelle et céleste voix ». Elle est pour lui un juge infaillible du bien et du mal.Question 9 sur 11
Que représente Antigone face à Créon dans la tragédie de Sophocle ?
Réponse : Les lois non écrites contre la loi du souverain. Antigone enterre son frère Polynice malgré l’interdiction de Créon, au nom des « lois non écrites » des dieux. C’est le modèle du conflit entre devoir moral et loi politique ; la raison d’État est du côté de Créon.Question 10 sur 11
Quelle différence y a-t-il entre le devoir et la contrainte ?
Réponse : Le devoir est une obligation reconnue, la contrainte s’impose par la force. Je suis contraint quand une force extérieure me fait agir ; je suis obligé quand je reconnais moi-même la valeur de ce qui m’est prescrit. Le devoir suppose donc la liberté : on peut y manquer.Question 11 sur 11
Pourquoi, selon Kant, le mensonge ne peut-il pas être érigé en maxime morale ?
Réponse : Parce qu’universalisé, il se détruirait lui-même. Si tout le monde mentait, plus personne ne croirait aux promesses, et le mensonge perdrait son efficacité : la maxime se contredit en s’universalisant. Le critère est rationnel, non légal ou religieux.
L’essentiel à retenir : Le devoir
Kant et la morale du devoir
Le devoir désigne une obligation morale que l’on reconnaît soi-même, par opposition à la contrainte, qui s’impose par la force. Dans les Fondements de la métaphysique des mœurs (1785), Kant distingue l’impératif hypothétique, qui commande une action comme moyen en vue d’une fin (« si tu veux réussir, travaille »), et l’impératif catégorique, qui commande sans condition.
L’impératif catégorique s’énonce : « Agis uniquement d’après la maxime qui fait que tu puisses vouloir en même temps qu’elle devienne une loi universelle. » Une autre formulation exige de traiter l’humanité, en sa personne comme en celle d’autrui, « toujours en même temps comme une fin, et jamais simplement comme un moyen ». Le mensonge, par exemple, ne peut être universalisé sans se détruire.
Kant distingue aussi agir conformément au devoir et agir par devoir. Le commerçant qui ne trompe pas ses clients par intérêt agit conformément au devoir, mais son action n’a pas de valeur morale ; seule l’action accomplie par respect pour la loi morale en a une. Ce qui compte, c’est l’intention, la « bonne volonté ».
Autres morales et critiques
L’utilitarisme (Bentham, Mill) juge au contraire une action à ses conséquences : est bonne l’action qui produit le plus grand bonheur du plus grand nombre. Max Weber (Le Savant et le politique, 1919) oppose l’éthique de conviction, qui agit selon des principes quoi qu’il arrive, et l’éthique de responsabilité, qui répond des conséquences prévisibles de ses actes.
Nietzsche, dans La Généalogie de la morale (1887), voit dans la morale de l’humilité et de la pitié une « morale d’esclaves », née du ressentiment des faibles contre les forts. Rousseau fonde le devoir sur la conscience, « instinct divin » qui juge du bien et du mal. Enfin, l’Antigone de Sophocle oppose aux lois de Créon les « lois non écrites » des dieux : le conflit des devoirs est au cœur de la morale.
8 flashcards pour mémoriser
Essaie de répondre avant de retourner la carte.
Impératif catégorique+
Commandement moral inconditionnel : agir selon une maxime qu’on peut vouloir universelle (Kant, 1785).
Impératif hypothétique+
Commande un moyen en vue d’une fin : « si tu veux X, fais Y ».
Agir par devoir+
Agir par pur respect de la loi morale : seule action ayant une valeur morale selon Kant.
Agir conformément au devoir+
Action extérieurement correcte mais motivée par l’intérêt ou l’inclination.
Utilitarisme+
Bentham, Mill : est bonne l’action qui produit le plus grand bonheur du plus grand nombre.
Éthique de responsabilité+
Weber (1919) : répondre des conséquences prévisibles de ses actes, par opposition à l’éthique de conviction.
Morale d’esclaves+
Nietzsche : morale de l’humilité et de la pitié née du ressentiment des faibles.
Antigone+
Sophocle : figure du conflit entre les lois non écrites et la loi de la cité.
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