Quiz : le bonheur (Terminale, bac de philo)
Ce quiz couvre la notion de bonheur au programme de Terminale : souverain bien, plaisir et désirs, sagesse stoïcienne et critiques modernes. Réponds sans notes, puis relis les explications pour distinguer clairement les thèses des grands auteurs.
Le quiz : 11 questions corrigées
Réponds sans regarder ton cours : l’explication s’affiche après chaque réponse.
Question 1 sur 11
Pour Aristote, pourquoi le bonheur est-il le souverain bien ?
Réponse : Parce qu’il est recherché pour lui-même et jamais en vue d’autre chose. La plupart de nos fins sont des moyens pour autre chose (la richesse pour la sécurité, par exemple). Le bonheur est la seule fin qui se suffit à elle-même : c’est la fin ultime de toutes nos actions.Question 2 sur 11
Que signifie l’ataraxie chez Épicure ?
Réponse : L’absence de troubles de l’âme. L’ataraxie est la tranquillité de l’âme, libérée des craintes et des agitations. L’absence de douleur du corps porte un autre nom, l’aponie : les deux réunies définissent le plaisir en repos du sage.Question 3 sur 11
Dans la classification d’Épicure, le désir de gloire est…
Réponse : ni naturel ni nécessaire. La gloire, comme la richesse ou le pouvoir, relève des désirs vains, ni naturels ni nécessaires : ils sont sans limite et source de trouble. Manger quand on a faim est naturel et nécessaire ; manger des mets raffinés est naturel mais non nécessaire.Question 4 sur 11
Selon Épictète, lequel de ces éléments dépend de nous ?
Réponse : Nos jugements. Dans le Manuel, Épictète range parmi les choses qui dépendent de nous nos opinions, nos désirs et nos aversions ; le corps, les biens et la réputation n’en dépendent pas. Le sage ne place son bonheur que dans ce qui dépend de lui.Question 5 sur 11
Quelle thèse Calliclès défend-il dans le Gorgias de Platon ?
Réponse : Le bonheur consiste à laisser croître ses désirs et à les satisfaire. Calliclès fait l’éloge de l’homme fort qui assouvit tous ses désirs. Socrate lui oppose l’image des tonneaux percés : une âme livrée à des désirs illimités ne peut jamais être comblée.Question 6 sur 11
Pourquoi Kant affirme-t-il que le bonheur est « un idéal de l’imagination » ?
Réponse : Parce qu’on ne peut pas en définir le contenu avec certitude. Chacun se fait du bonheur une idée différente et changeante, et personne ne sait avec certitude ce qui le rendrait heureux. Le bonheur ne peut donc pas fonder une loi morale universelle.Question 7 sur 11
Selon Kant, que doit enseigner la morale ?
Réponse : Comment se rendre digne du bonheur. Pour Kant, la morale n’est pas l’art d’être heureux : elle enseigne comment se rendre digne du bonheur en agissant par devoir. Bonheur et moralité sont deux choses distinctes.Question 8 sur 11
Quelle image Aristote utilise-t-il pour dire que le bonheur exige une vie entière ?
Réponse : « Une hirondelle ne fait pas le printemps ». Un seul jour heureux ne rend pas un homme heureux, pas plus qu’une hirondelle ne fait le printemps. Le roseau est une image de Pascal, le tonneau percé vient du Gorgias et le pendule de Schopenhauer.Question 9 sur 11
Comment Pascal appelle-t-il les activités par lesquelles l’homme évite de penser à sa condition ?
Réponse : Le divertissement. Pour Pascal, l’homme ne sait pas demeurer en repos dans une chambre : il se jette dans le jeu, la chasse ou les affaires pour ne pas penser à sa misère et à sa mort. Le divertissement (du latin divertere, « détourner ») est une fuite.Question 10 sur 11
Pour Schopenhauer, la vie oscille comme un pendule entre…
Réponse : la souffrance et l’ennui. Le désir non satisfait est souffrance ; satisfait, il laisse place à l’ennui avant qu’un nouveau désir surgisse. Le bonheur n’est alors que la cessation momentanée d’une douleur.Question 11 sur 11
Lequel de ces auteurs ne fait PAS du bonheur le but de la morale ?
Réponse : Kant. Aristote, Épicure et les stoïciens sont des eudémonistes : la philosophie vise la vie heureuse. Kant sépare la morale, fondée sur le devoir, de la recherche du bonheur.
L’essentiel à retenir : Le bonheur
Le bonheur comme fin ultime
Le bonheur est un état de satisfaction durable et complet, à distinguer du plaisir, passager et partiel. Pour Aristote (Éthique à Nicomaque), il est le souverain bien : la fin que l’on recherche pour elle-même et jamais en vue d’autre chose. Il réside dans une activité de l’âme conforme à la vertu, exercée sur une vie entière, car « une hirondelle ne fait pas le printemps ». Le mot grec eudaimonia a donné le nom d’eudémonisme aux morales qui font du bonheur le but de la vie.
Épicure, les stoïciens et Calliclès
Dans la Lettre à Ménécée, Épicure fait du plaisir le principe de la vie heureuse, mais un plaisir en repos : l’absence de troubles de l’âme (ataraxie) et de douleur du corps (aponie). Il classe les désirs en naturels et nécessaires (manger, boire), naturels et non nécessaires (mets raffinés), ni naturels ni nécessaires (richesse, gloire). Le sage satisfait les premiers, n’use des seconds qu’avec mesure et écarte les derniers. La philosophie délivre aussi de la crainte des dieux et de la mort : « la mort n’est rien pour nous ».
Les stoïciens, comme Épictète dans le Manuel, distinguent ce qui dépend de nous (nos jugements, nos désirs) et ce qui n’en dépend pas (corps, biens, réputation). Le bonheur consiste à ne vouloir que ce qui dépend de nous. À l’opposé, Calliclès, dans le Gorgias de Platon, soutient que le bonheur est de laisser croître ses désirs et de les satisfaire tous ; Socrate lui répond par l’image des tonneaux percés.
Critiques modernes
Pour Kant, le bonheur est « un idéal non de la raison, mais de l’imagination » : chacun le conçoit différemment et nul ne sait avec certitude ce qui le rendra heureux. La morale n’enseigne donc pas à être heureux, mais à se rendre digne du bonheur. Pascal montre que l’homme fuit dans le divertissement la pensée de sa misère et de sa mort. Schopenhauer voit la vie osciller « comme un pendule » entre la souffrance du désir inassouvi et l’ennui de la satisfaction.
8 flashcards pour mémoriser
Essaie de répondre avant de retourner la carte.
Eudaimonia+
Bonheur au sens grec ; l’eudémonisme fait du bonheur le but de la vie.
Souverain bien (Aristote)+
Le bonheur, fin recherchée pour elle-même : activité de l’âme conforme à la vertu sur une vie entière.
Ataraxie+
Absence de troubles de l’âme (Épicure, stoïciens).
Aponie+
Absence de douleur du corps (Épicure).
Classification des désirs+
Épicure : naturels et nécessaires, naturels et non nécessaires, ni naturels ni nécessaires.
Ce qui dépend de nous (Épictète)+
Nos jugements, désirs et aversions, et non le corps, les biens ou la réputation.
Le bonheur selon Kant+
« Un idéal non de la raison, mais de l’imagination » : la morale apprend à s’en rendre digne.
Divertissement (Pascal)+
Agitation par laquelle l’homme se détourne de la pensée de sa misère et de sa mort.
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