Quiz : la justice (Terminale, bac de philo)
Ce quiz couvre la notion de justice en Terminale : légalité et légitimité, droit naturel, justice distributive et corrective, équité et théorie de Rawls. Teste-toi sans notes, puis relis les explications pour maîtriser les distinctions attendues au bac.
Le quiz : 11 questions corrigées
Réponds sans regarder ton cours : l’explication s’affiche après chaque réponse.
Question 1 sur 11
Quelle est la différence entre légalité et légitimité ?
Réponse : La légalité est la conformité à la loi, la légitimité la conformité à ce qui est juste. Une action peut être légale sans être légitime (les lois ségrégationnistes étaient légales) ou légitime sans être légale (la désobéissance civile). La légitimité renvoie à un critère supérieur à la loi.Question 2 sur 11
Que désigne le droit naturel ?
Réponse : Les droits que l’homme posséderait par nature, antérieurs aux lois. Le droit naturel désigne des droits universels, inhérents à la nature humaine, qui servent de référence pour juger le droit positif. Le « droit du plus fort » n’est justement pas un droit, comme le montre Rousseau.Question 3 sur 11
Selon Aristote, comment la justice distributive répartit-elle les biens ?
Réponse : Selon le mérite de chacun. La justice distributive applique une égalité proportionnelle : à mérite inégal, parts inégales. L’égalité arithmétique stricte caractérise la justice corrective, qui règle les échanges et les réparations.Question 4 sur 11
Quel est le rôle de l’équité selon Aristote ?
Réponse : Corriger la loi dans les cas particuliers qu’elle n’a pas prévus. La loi est générale et ne peut prévoir tous les cas ; l’équité l’adapte à la situation singulière, comme l’aurait fait le législateur s’il avait été présent. Elle est une justice supérieure à la justice strictement légale.Question 5 sur 11
Que suggère le mythe de l’anneau de Gygès raconté dans la République de Platon ?
Réponse : Que les hommes ne sont justes que par crainte d’être punis. Gygès, devenu invisible grâce à l’anneau, commet toutes les injustices. Glaucon en conclut que personne n’est juste volontairement ; Socrate cherchera à montrer que la justice vaut par elle-même.Question 6 sur 11
Quelle thèse Thrasymaque défend-il dans la République ?
Réponse : Le juste est l’intérêt du plus fort. Pour Thrasymaque, les gouvernants font les lois à leur avantage et appellent « juste » ce qui les sert. L’harmonie de l’âme est la définition que Socrate défend contre lui.Question 7 sur 11
À quoi sert le « voile d’ignorance » chez Rawls ?
Réponse : À choisir des principes de justice impartiaux. Ignorant leur sexe, leur fortune ou leurs talents futurs, les individus ne peuvent choisir des règles qui les avantagent : ils adoptent des principes équitables pour tous. C’est une expérience de pensée, non une procédure judiciaire.Question 8 sur 11
Que dit le principe de différence de Rawls ?
Réponse : Les inégalités sont justes si elles profitent aux plus défavorisés. Rawls n’exige pas l’égalité absolue : une inégalité est acceptable si elle améliore la situation des plus défavorisés (et si, en outre, les positions restent ouvertes à tous). « À chacun selon ses besoins » est une formule reprise par Marx.Question 9 sur 11
Qui écrit : « ne pouvant faire que ce qui est juste fût fort, on a fait que ce qui est fort fût juste » ?
Réponse : Pascal. Dans les Pensées, Pascal constate que la justice humaine est souvent la force déguisée en droit. Rousseau, au contraire, affirme que la force ne peut jamais fonder le droit.Question 10 sur 11
Laquelle de ces situations relève de la justice corrective selon Aristote ?
Réponse : Indemniser une victime à hauteur du préjudice subi. La justice corrective rétablit l’égalité rompue par un échange ou un dommage, quelle que soit la valeur des personnes. Les trois autres cas répartissent selon le mérite : c’est la justice distributive.Question 11 sur 11
Pourquoi, selon Rousseau, la force ne peut-elle pas fonder le droit ?
Réponse : Parce que céder à la force est un acte de nécessité, non de volonté. Si la force faisait le droit, le droit changerait dès que la force change de camp : « sitôt qu’on peut désobéir impunément, on le peut légitimement ». On n’est obligé d’obéir qu’aux puissances légitimes (Du contrat social, I, 3).
L’essentiel à retenir : La justice
Justice, droit et loi
La justice désigne à la fois une vertu (être juste), un idéal (ce qui est juste) et une institution (les tribunaux). On distingue le droit positif, ensemble des lois effectivement en vigueur dans une société, et le droit naturel, ensemble de droits que l’homme posséderait par nature et qui permettraient de juger les lois elles-mêmes. D’où la distinction entre légalité (conformité à la loi) et légitimité (conformité à ce qui est juste) : une loi peut être légale et injuste.
Dans Du contrat social, Rousseau montre que la force ne fait pas droit : céder à la force est un acte de nécessité, non de volonté, et on ne doit obéir qu’aux puissances légitimes. Pascal constate au contraire : « ne pouvant faire que ce qui est juste fût fort, on a fait que ce qui est fort fût juste ».
Platon et Aristote
Dans l’Éthique à Nicomaque (livre V), Aristote distingue la justice distributive, qui répartit honneurs et richesses selon le mérite (égalité proportionnelle), et la justice corrective, qui règle les échanges et les réparations selon une stricte égalité arithmétique. L’équité corrige la loi, nécessairement générale, dans les cas particuliers qu’elle n’a pas prévus.
Dans la République, Platon définit la justice comme l’harmonie où chaque partie, de l’âme comme de la cité, remplit sa fonction propre. Thrasymaque y soutient que le juste est « l’intérêt du plus fort », et Glaucon raconte le mythe de l’anneau de Gygès, qui rend invisible : qui resterait juste s’il était assuré de l’impunité ?
Rawls et la justice sociale
Dans Théorie de la justice (1971), John Rawls imagine des individus placés sous un « voile d’ignorance » : ignorant leur future place dans la société, ils choisiraient des principes équitables. Le premier garantit à tous des libertés de base égales ; le second n’admet les inégalités que si elles sont attachées à des positions ouvertes à tous (juste égalité des chances) et si elles profitent aux plus défavorisés (principe de différence).
8 flashcards pour mémoriser
Essaie de répondre avant de retourner la carte.
Légalité+
Conformité à la loi en vigueur.
Légitimité+
Conformité à ce qui est juste : ce qui rend un pouvoir ou une loi fondés en droit.
Droit positif / droit naturel+
Lois effectivement en vigueur / droits universels inhérents à la nature humaine.
Justice distributive+
Aristote : répartition selon le mérite (égalité proportionnelle).
Justice corrective+
Aristote : échanges et réparations selon l’égalité arithmétique.
Équité+
Aristote : correction de la loi générale dans un cas particulier qu’elle n’a pas prévu.
Anneau de Gygès+
Platon, République II : serait-on juste si l’on était assuré de l’impunité ?
Voile d’ignorance+
Rawls (1971) : choisir les principes de justice sans connaître sa future place dans la société.
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