Licence 1 · Introduction au droit

Quiz : les sources du droit et la hiérarchie des normes (L1)

Ce quiz couvre les sources du droit français et leur articulation dans la hiérarchie des normes, au programme d’introduction au droit en Licence 1. Lis d’abord l’essentiel à retenir, réponds aux 10 questions puis vérifie chaque explication : les grands arrêts cités tombent régulièrement en partiel.

Le quiz : 10 questions corrigées

Réponds sans regarder ton cours : l’explication s’affiche après chaque réponse.

0 / 10 réponduesScore : 0 / 0
  1. Question 1 sur 10

    Quel texte ne fait PAS partie du bloc de constitutionnalité ?

  2. Question 2 sur 10

    Quelle décision du Conseil constitutionnel a, pour la première fois, censuré une loi en se fondant sur le Préambule de la Constitution ?

  3. Question 3 sur 10

    Selon l’article 55 de la Constitution, les traités régulièrement ratifiés ont une autorité…

  4. Question 4 sur 10

    Par quel arrêt le Conseil d’État a-t-il accepté de faire prévaloir un traité sur une loi postérieure ?

  5. Question 5 sur 10

    Pourquoi le Conseil constitutionnel refuse-t-il, depuis 1975, de contrôler la conformité d’une loi à un traité ?

  6. Question 6 sur 10

    Une matière qui n’est pas énumérée par l’article 34 de la Constitution relève en principe…

  7. Question 7 sur 10

    À défaut de date fixée par le texte, quand une loi publiée au Journal officiel entre-t-elle en vigueur ?

  8. Question 8 sur 10

    Que prohibe l’article 5 du Code civil ?

  9. Question 9 sur 10

    Selon le Conseil d’État et la Cour de cassation, quelle est la place de la Constitution par rapport aux traités dans l’ordre interne ?

  10. Question 10 sur 10

    Quelle affirmation sur la doctrine est exacte ?

L’essentiel à retenir : Les sources du droit et la hiérarchie des normes

La pyramide des normes et le bloc de constitutionnalité

La hiérarchie des normes, théorisée par Hans Kelsen, signifie que chaque norme doit respecter celles qui lui sont supérieures. Au sommet de l’ordre interne se trouve le bloc de constitutionnalité : la Constitution du 4 octobre 1958, la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789, le Préambule de la Constitution de 1946, la Charte de l’environnement de 2004 et les principes fondamentaux reconnus par les lois de la République. Le Conseil constitutionnel a consacré la valeur juridique du Préambule par sa décision « Liberté d’association » du 16 juillet 1971.

Viennent ensuite les traités et le droit de l’Union européenne. Selon l’article 55 de la Constitution, les traités régulièrement ratifiés ou approuvés ont, dès leur publication, une autorité supérieure à celle des lois, sous réserve de leur application par l’autre partie (réciprocité). Dans l’ordre interne, la Constitution reste toutefois au-dessus des traités (CE, Ass., 1998, Sarran ; Cass., Ass. plén., 2000, Fraisse).

Loi, règlement et contrôle de conventionnalité

La loi, votée par le Parlement, intervient dans les matières énumérées par l’article 34 ; toutes les autres relèvent du pouvoir réglementaire autonome (article 37). Le Gouvernement peut aussi intervenir par ordonnances sur habilitation (article 38). Sous la loi figurent les règlements : décrets, puis arrêtés. Une loi entre en vigueur à la date qu’elle fixe ou, à défaut, le lendemain de sa publication au Journal officiel (article 1er du Code civil), et elle ne dispose que pour l’avenir (article 2).

Le Conseil constitutionnel refuse de contrôler la conformité des lois aux traités (décision IVG du 15 janvier 1975). Ce contrôle de conventionnalité revient donc aux juges ordinaires : la Cour de cassation l’a admis dans l’arrêt Jacques Vabre (ch. mixte, 24 mai 1975), le Conseil d’État dans l’arrêt Nicolo (Ass., 20 octobre 1989), y compris face à une loi postérieure au traité.

Jurisprudence, coutume et doctrine

La jurisprudence est l’ensemble des décisions rendues par les juridictions. L’article 5 du Code civil interdit au juge de se prononcer par voie de disposition générale et réglementaire (prohibition des arrêts de règlement), mais l’article 4 lui interdit de refuser de juger sous prétexte du silence, de l’obscurité ou de l’insuffisance de la loi (déni de justice). La jurisprudence, portée par la Cour de cassation et le Conseil d’État, est ainsi une source majeure du droit positif. La coutume, pratique répétée ressentie comme obligatoire, joue un rôle secondaire ; la doctrine, œuvre des universitaires, est une autorité et non une source formelle.

8 flashcards pour mémoriser

Essaie de répondre avant de retourner la carte.

Bloc de constitutionnalité+

Constitution de 1958, DDHC de 1789, Préambule de 1946, Charte de l’environnement de 2004 et principes fondamentaux reconnus par les lois de la République.

Article 55 de la Constitution+

Les traités régulièrement ratifiés ont une autorité supérieure à celle des lois, sous réserve de réciprocité.

Arrêt Jacques Vabre (1975)+

Cass., ch. mixte, 24 mai 1975 : le juge judiciaire écarte une loi, même postérieure, contraire à un traité.

Arrêt Nicolo (1989)+

CE, Ass., 20 octobre 1989 : le juge administratif fait prévaloir le traité sur la loi postérieure.

Décision IVG (15 janvier 1975)+

Le Conseil constitutionnel refuse d’exercer le contrôle de conventionnalité des lois.

Articles 34 et 37 de la Constitution+

L’article 34 fixe le domaine de la loi ; l’article 37 attribue les autres matières au pouvoir réglementaire autonome.

Article 4 du Code civil+

Le juge qui refuse de juger sous prétexte du silence, de l’obscurité ou de l’insuffisance de la loi commet un déni de justice.

Arrêt de règlement+

Décision rendue par voie de disposition générale et réglementaire, interdite au juge par l’article 5 du Code civil.

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