Quiz : les sources du droit et la hiérarchie des normes (L1)
Ce quiz couvre les sources du droit français et leur articulation dans la hiérarchie des normes, au programme d’introduction au droit en Licence 1. Lis d’abord l’essentiel à retenir, réponds aux 10 questions puis vérifie chaque explication : les grands arrêts cités tombent régulièrement en partiel.
Le quiz : 10 questions corrigées
Réponds sans regarder ton cours : l’explication s’affiche après chaque réponse.
Question 1 sur 10
Quel texte ne fait PAS partie du bloc de constitutionnalité ?
Réponse : La Convention européenne des droits de l’homme. La Convention européenne des droits de l’homme est un traité : elle se situe au niveau conventionnel, sous la Constitution. Le bloc de constitutionnalité comprend la Constitution de 1958, la DDHC, le Préambule de 1946, la Charte de l’environnement et les PFRLR.Question 2 sur 10
Quelle décision du Conseil constitutionnel a, pour la première fois, censuré une loi en se fondant sur le Préambule de la Constitution ?
Réponse : La décision Liberté d’association du 16 juillet 1971. Dans la décision Liberté d’association (1971), le Conseil constitutionnel censure une loi en se fondant sur le Préambule et consacre la liberté d’association comme principe fondamental reconnu par les lois de la République. La décision IVG concerne le refus du contrôle de conventionnalité.Question 3 sur 10
Selon l’article 55 de la Constitution, les traités régulièrement ratifiés ont une autorité…
Réponse : supérieure à celle des lois, sous réserve de réciprocité. L’article 55 place les traités au-dessus des lois, à condition qu’ils soient appliqués par l’autre partie. Ils restent en revanche soumis à la Constitution dans l’ordre interne.Question 4 sur 10
Par quel arrêt le Conseil d’État a-t-il accepté de faire prévaloir un traité sur une loi postérieure ?
Réponse : L’arrêt Nicolo (1989). Avec l’arrêt Nicolo (Ass., 20 octobre 1989), le Conseil d’État abandonne la théorie de la loi-écran. Jacques Vabre est l’arrêt équivalent de la Cour de cassation ; Sarran affirme la supériorité de la Constitution sur les traités dans l’ordre interne.Question 5 sur 10
Pourquoi le Conseil constitutionnel refuse-t-il, depuis 1975, de contrôler la conformité d’une loi à un traité ?
Réponse : Parce qu’une loi contraire à un traité n’est pas pour autant contraire à la Constitution. Dans la décision IVG, le Conseil juge que la supériorité des traités prévue à l’article 55 a un caractère relatif et contingent : une loi contraire à un traité ne serait pas pour autant contraire à la Constitution. Le contrôle revient donc aux juges ordinaires.Question 6 sur 10
Une matière qui n’est pas énumérée par l’article 34 de la Constitution relève en principe…
Réponse : du pouvoir réglementaire autonome (article 37). L’article 37 dispose que les matières autres que celles du domaine de la loi ont un caractère réglementaire. Les ordonnances de l’article 38 supposent une habilitation du Parlement dans le domaine de la loi.Question 7 sur 10
À défaut de date fixée par le texte, quand une loi publiée au Journal officiel entre-t-elle en vigueur ?
Réponse : Le lendemain de sa publication. Depuis l’ordonnance du 20 février 2004, l’article 1er du Code civil prévoit l’entrée en vigueur à la date fixée par le texte ou, à défaut, le lendemain de la publication. Le délai d’un jour franc relevait de l’ancien régime de publication.Question 8 sur 10
Que prohibe l’article 5 du Code civil ?
Réponse : Les arrêts de règlement. L’article 5 défend aux juges de prononcer par voie de disposition générale et réglementaire. Le déni de justice est sanctionné par l’article 4 et la non-rétroactivité de la loi figure à l’article 2.Question 9 sur 10
Selon le Conseil d’État et la Cour de cassation, quelle est la place de la Constitution par rapport aux traités dans l’ordre interne ?
Réponse : Elle reste au sommet de l’ordre interne. Les arrêts Sarran (CE, 1998) et Fraisse (Cass., 2000) jugent que la supériorité des traités sur les lois ne s’applique pas, dans l’ordre interne, aux dispositions de valeur constitutionnelle.Question 10 sur 10
Quelle affirmation sur la doctrine est exacte ?
Réponse : Elle est une autorité qui influence le droit sans être une source formelle. La doctrine regroupe les travaux des juristes, surtout universitaires : elle commente, critique et inspire le législateur et le juge, sans force obligatoire. L’ensemble des décisions de justice, c’est la jurisprudence.
L’essentiel à retenir : Les sources du droit et la hiérarchie des normes
La pyramide des normes et le bloc de constitutionnalité
La hiérarchie des normes, théorisée par Hans Kelsen, signifie que chaque norme doit respecter celles qui lui sont supérieures. Au sommet de l’ordre interne se trouve le bloc de constitutionnalité : la Constitution du 4 octobre 1958, la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789, le Préambule de la Constitution de 1946, la Charte de l’environnement de 2004 et les principes fondamentaux reconnus par les lois de la République. Le Conseil constitutionnel a consacré la valeur juridique du Préambule par sa décision « Liberté d’association » du 16 juillet 1971.
Viennent ensuite les traités et le droit de l’Union européenne. Selon l’article 55 de la Constitution, les traités régulièrement ratifiés ou approuvés ont, dès leur publication, une autorité supérieure à celle des lois, sous réserve de leur application par l’autre partie (réciprocité). Dans l’ordre interne, la Constitution reste toutefois au-dessus des traités (CE, Ass., 1998, Sarran ; Cass., Ass. plén., 2000, Fraisse).
Loi, règlement et contrôle de conventionnalité
La loi, votée par le Parlement, intervient dans les matières énumérées par l’article 34 ; toutes les autres relèvent du pouvoir réglementaire autonome (article 37). Le Gouvernement peut aussi intervenir par ordonnances sur habilitation (article 38). Sous la loi figurent les règlements : décrets, puis arrêtés. Une loi entre en vigueur à la date qu’elle fixe ou, à défaut, le lendemain de sa publication au Journal officiel (article 1er du Code civil), et elle ne dispose que pour l’avenir (article 2).
Le Conseil constitutionnel refuse de contrôler la conformité des lois aux traités (décision IVG du 15 janvier 1975). Ce contrôle de conventionnalité revient donc aux juges ordinaires : la Cour de cassation l’a admis dans l’arrêt Jacques Vabre (ch. mixte, 24 mai 1975), le Conseil d’État dans l’arrêt Nicolo (Ass., 20 octobre 1989), y compris face à une loi postérieure au traité.
Jurisprudence, coutume et doctrine
La jurisprudence est l’ensemble des décisions rendues par les juridictions. L’article 5 du Code civil interdit au juge de se prononcer par voie de disposition générale et réglementaire (prohibition des arrêts de règlement), mais l’article 4 lui interdit de refuser de juger sous prétexte du silence, de l’obscurité ou de l’insuffisance de la loi (déni de justice). La jurisprudence, portée par la Cour de cassation et le Conseil d’État, est ainsi une source majeure du droit positif. La coutume, pratique répétée ressentie comme obligatoire, joue un rôle secondaire ; la doctrine, œuvre des universitaires, est une autorité et non une source formelle.
8 flashcards pour mémoriser
Essaie de répondre avant de retourner la carte.
Bloc de constitutionnalité+
Constitution de 1958, DDHC de 1789, Préambule de 1946, Charte de l’environnement de 2004 et principes fondamentaux reconnus par les lois de la République.
Article 55 de la Constitution+
Les traités régulièrement ratifiés ont une autorité supérieure à celle des lois, sous réserve de réciprocité.
Arrêt Jacques Vabre (1975)+
Cass., ch. mixte, 24 mai 1975 : le juge judiciaire écarte une loi, même postérieure, contraire à un traité.
Arrêt Nicolo (1989)+
CE, Ass., 20 octobre 1989 : le juge administratif fait prévaloir le traité sur la loi postérieure.
Décision IVG (15 janvier 1975)+
Le Conseil constitutionnel refuse d’exercer le contrôle de conventionnalité des lois.
Articles 34 et 37 de la Constitution+
L’article 34 fixe le domaine de la loi ; l’article 37 attribue les autres matières au pouvoir réglementaire autonome.
Article 4 du Code civil+
Le juge qui refuse de juger sous prétexte du silence, de l’obscurité ou de l’insuffisance de la loi commet un déni de justice.
Arrêt de règlement+
Décision rendue par voie de disposition générale et réglementaire, interdite au juge par l’article 5 du Code civil.
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