Quiz : le contrôle de constitutionnalité et la QPC
Ce quiz te fait réviser le contrôle de constitutionnalité des lois en France : composition du Conseil constitutionnel, contrôle a priori de l’article 61 et question prioritaire de constitutionnalité. Il s’adresse aux étudiants de Licence 1 et 2 ; lis le rappel, puis teste-toi sur les conditions de la QPC, souvent piégeuses.
Le quiz : 10 questions corrigées
Réponds sans regarder ton cours : l’explication s’affiche après chaque réponse.
Question 1 sur 10
Pour quelle durée les membres nommés du Conseil constitutionnel sont-ils désignés ?
Réponse : Neuf ans, non renouvelables. Les membres nommés siègent neuf ans, sans renouvellement possible, et le Conseil est renouvelé par tiers tous les trois ans. Seuls les anciens Présidents de la République sont membres de droit à vie.Question 2 sur 10
Quel contrôle de constitutionnalité est obligatoire avant la promulgation ?
Réponse : Celui des lois organiques. L’article 61 impose la saisine du Conseil pour les lois organiques et les règlements des assemblées (ainsi que pour les propositions de loi référendaire de l’article 11). Les lois ordinaires, y compris de finances ou autorisant une ratification, ne sont contrôlées que sur saisine.Question 3 sur 10
Quelle révision a ouvert la saisine du Conseil constitutionnel à soixante députés ou soixante sénateurs ?
Réponse : La révision de 1974. La révision du 29 octobre 1974, voulue par Valéry Giscard d’Estaing, a ouvert la saisine à l’opposition parlementaire, ce qui a fortement développé le contrôle. La révision de 2008 a créé la QPC.Question 4 sur 10
Depuis quelle date la QPC peut-elle être soulevée devant les juridictions ?
Réponse : Le 1er mars 2010. La révision du 23 juillet 2008 a créé l’article 61-1, mais la QPC n’est entrée en application que le 1er mars 2010, après la loi organique du 10 décembre 2009.Question 5 sur 10
Laquelle de ces conditions n’est PAS exigée par le juge qui reçoit une QPC ?
Réponse : La disposition a été promulguée depuis moins de dix ans. Aucune condition d’ancienneté n’existe : une loi très ancienne peut faire l’objet d’une QPC. Les trois conditions de transmission sont l’applicabilité au litige, l’absence de déclaration de conformité antérieure et le caractère sérieux.Question 6 sur 10
Quelles juridictions peuvent renvoyer une QPC au Conseil constitutionnel ?
Réponse : Le Conseil d’État et la Cour de cassation. L’article 61-1 prévoit que le Conseil constitutionnel est saisi sur renvoi du Conseil d’État ou de la Cour de cassation. Les juges du fond ne font que leur transmettre la question : c’est le double filtrage.Question 7 sur 10
Le juge peut-il soulever d’office une QPC ?
Réponse : Non, elle doit être soulevée par une partie. La loi organique du 10 décembre 2009 exclut que la QPC soit relevée d’office : elle doit être présentée par une partie, dans un écrit distinct et motivé.Question 8 sur 10
Quel est l’effet d’une déclaration d’inconstitutionnalité rendue sur QPC ?
Réponse : La disposition est abrogée à compter de la publication de la décision ou d’une date ultérieure fixée. Selon l’article 62, la disposition est abrogée, et le Conseil peut reporter cette abrogation dans le temps pour laisser au législateur le temps d’intervenir. Il ne s’agit ni d’une simple inapplication au litige ni d’une annulation automatiquement rétroactive.Question 9 sur 10
Qu’a décidé le Conseil constitutionnel dans sa décision IVG du 15 janvier 1975 ?
Réponse : Qu’il n’exerce pas le contrôle de conventionnalité des lois. Le Conseil juge qu’une loi contraire à un traité ne serait pas pour autant contraire à la Constitution : il refuse donc le contrôle de conventionnalité, confié ensuite aux juges judiciaire et administratif.Question 10 sur 10
Dans quel délai le Conseil constitutionnel doit-il statuer sur une QPC qui lui est renvoyée ?
Réponse : Trois mois. La loi organique impose au Conseil de statuer dans un délai de trois mois. Le délai d’un mois, ou de huit jours en cas d’urgence, concerne le contrôle a priori de l’article 61.
L’essentiel à retenir : Le contrôle de constitutionnalité et la QPC
Le Conseil constitutionnel et le contrôle a priori
Le Conseil constitutionnel compte neuf membres nommés pour neuf ans, non renouvelables, et renouvelés par tiers tous les trois ans : trois par le Président de la République, trois par le président de l’Assemblée nationale, trois par le président du Sénat. Les anciens Présidents de la République en sont membres de droit. Son président, nommé par le chef de l’État, a voix prépondérante en cas de partage.
Le contrôle a priori (article 61) intervient avant la promulgation. Il est obligatoire pour les lois organiques, les règlements des assemblées et, depuis 2008, les propositions de loi référendaire de l’article 11 ; il est facultatif pour les lois ordinaires. Depuis la révision du 29 octobre 1974, la saisine est ouverte à soixante députés ou soixante sénateurs, en plus du Président de la République, du Premier ministre et des présidents des deux assemblées. Le Conseil statue en un mois, délai réduit à huit jours en cas d’urgence. Une disposition déclarée inconstitutionnelle ne peut être promulguée, et ses décisions s’imposent à toutes les autorités, sans recours (article 62).
La question prioritaire de constitutionnalité
Créée par la révision constitutionnelle du 23 juillet 2008 et applicable depuis le 1er mars 2010, la QPC (article 61-1) permet à une partie de soutenir, à l’occasion d’une instance, qu’une disposition législative porte atteinte aux droits et libertés que la Constitution garantit. Elle est présentée dans un écrit distinct et motivé et ne peut être relevée d’office par le juge.
Le juge saisi vérifie trois conditions : la disposition est applicable au litige ou à la procédure, ou constitue le fondement des poursuites ; elle n’a pas déjà été déclarée conforme dans les motifs et le dispositif d’une décision du Conseil, sauf changement des circonstances ; la question n’est pas dépourvue de caractère sérieux. Il la transmet alors au Conseil d’État ou à la Cour de cassation, qui disposent de trois mois pour décider du renvoi au Conseil constitutionnel, lequel statue lui aussi en trois mois.
Effets et portée des décisions
Une disposition déclarée inconstitutionnelle sur le fondement de l’article 61-1 est abrogée à compter de la publication de la décision ou d’une date ultérieure fixée par le Conseil, qui module ainsi les effets dans le temps. Le Conseil peut aussi formuler des réserves d’interprétation. En revanche, il refuse de contrôler la conformité des lois aux traités (décision IVG de 1975) : ce contrôle de conventionnalité relève des juges ordinaires, et la question de constitutionnalité est « prioritaire » par rapport à lui.
8 flashcards pour mémoriser
Essaie de répondre avant de retourner la carte.
Composition du Conseil constitutionnel+
Neuf membres nommés pour neuf ans (trois par le Président de la République, trois par chaque président d’assemblée) et les anciens Présidents de la République.
Article 61+
Contrôle a priori, obligatoire pour les lois organiques et les règlements des assemblées, facultatif pour les lois ordinaires.
Saisine parlementaire+
Ouverte par la révision du 29 octobre 1974 à soixante députés ou soixante sénateurs.
Article 61-1+
QPC : une partie soutient qu’une disposition législative porte atteinte aux droits et libertés que la Constitution garantit.
Filtrage de la QPC+
Le juge du fond transmet au Conseil d’État ou à la Cour de cassation, qui ont trois mois pour renvoyer au Conseil constitutionnel.
Changement des circonstances+
Exception permettant de réexaminer une disposition déjà déclarée conforme à la Constitution.
Article 62+
Non-promulgation (article 61) ou abrogation (article 61-1) ; décisions sans recours, qui s’imposent à toutes les autorités.
Réserve d’interprétation+
Technique par laquelle le Conseil déclare une loi conforme à condition qu’elle soit interprétée comme il l’indique.
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