Quiz : la responsabilité civile extracontractuelle
Ce quiz couvre la responsabilité civile extracontractuelle : conditions communes, fait personnel, fait des choses et fait d’autrui. Il s’adresse aux étudiants de Licence 2 ; les explications rappellent les articles 1240 à 1242 du Code civil et les grands arrêts qu’il faut savoir citer en copie.
Le quiz : 10 questions corrigées
Réponds sans regarder ton cours : l’explication s’affiche après chaque réponse.
Question 1 sur 10
Quel article du Code civil pose le principe de la responsabilité du fait personnel pour faute ?
Réponse : L’article 1240. L’article 1240 (ancien 1382) énonce le principe général de responsabilité pour faute. L’article 1231-1 concerne la responsabilité contractuelle, l’article 1242 le fait des choses et d’autrui, l’article 1245 les produits défectueux.Question 2 sur 10
Lequel de ces caractères n’est PAS exigé du dommage réparable en matière extracontractuelle ?
Réponse : Il doit être prévisible. La prévisibilité du dommage est une limite propre à la responsabilité contractuelle (article 1231-3). En matière délictuelle, le dommage doit être certain, direct, personnel et légitime, qu’il ait été prévisible ou non.Question 3 sur 10
Quel arrêt a consacré une présomption de responsabilité à la charge du gardien de la chose ?
Réponse : L’arrêt Jand’heur (1930). L’arrêt Jand’heur (13 février 1930) juge que le gardien ne peut s’exonérer en prouvant son absence de faute, mais seulement par une cause étrangère. Blieck concerne le fait d’autrui, Bertrand les parents, Costedoat le préposé.Question 4 sur 10
Selon l’arrêt Franck (1941), la garde d’une chose se caractérise par…
Réponse : l’usage, la direction et le contrôle. La garde est une notion matérielle : est gardien celui qui a l’usage, la direction et le contrôle de la chose. Le propriétaire est présumé gardien, mais le vol de la chose lui fait perdre la garde, comme dans l’affaire Franck.Question 5 sur 10
Un enfant de 5 ans blesse un camarade par imprudence. Peut-on retenir une faute à sa charge ?
Réponse : Oui, le discernement n’est pas exigé depuis 1984. Depuis les arrêts de l’Assemblée plénière du 9 mai 1984, la faute est appréciée objectivement : l’infans peut commettre une faute sans qu’il soit nécessaire de vérifier qu’il était capable de discerner les conséquences de ses actes.Question 6 sur 10
Depuis l’arrêt Bertrand (1997), comment les parents peuvent-ils s’exonérer de leur responsabilité du fait de leur enfant mineur ?
Réponse : En prouvant la force majeure ou la faute de la victime. L’arrêt Bertrand fait de cette responsabilité une responsabilité de plein droit : l’absence de faute de surveillance ou d’éducation ne suffit plus, seules la force majeure et la faute de la victime exonèrent les parents.Question 7 sur 10
Que décide l’arrêt Costedoat (Ass. plén., 25 février 2000) ?
Réponse : Le préposé agissant dans les limites de sa mission n’engage pas sa responsabilité envers les tiers. Costedoat consacre une immunité du préposé qui n’excède pas les limites de la mission impartie par son commettant : la victime doit alors agir contre le commettant, responsable de plein droit.Question 8 sur 10
Quel arrêt a admis un principe général de responsabilité du fait d’autrui sur le fondement de l’article 1242 alinéa 1er ?
Réponse : L’arrêt Blieck. Dans l’arrêt Blieck (29 mars 1991), l’Assemblée plénière retient la responsabilité d’une association qui avait accepté la charge d’organiser et de contrôler, à titre permanent, le mode de vie d’un handicapé mental.Question 9 sur 10
La loi Badinter du 5 juillet 1985 s’applique aux accidents…
Réponse : de la circulation impliquant un véhicule terrestre à moteur. La loi Badinter améliore l’indemnisation des victimes d’accidents de la circulation dans lesquels est impliqué un véhicule terrestre à moteur, en limitant fortement l’effet de la faute de la victime non conductrice.Question 10 sur 10
Une personne sous l’empire d’un trouble mental cause un dommage. Est-elle tenue de le réparer ?
Réponse : Oui, selon l’article 414-3 du Code civil. L’article 414-3 dispose que celui qui a causé un dommage à autrui alors qu’il était sous l’empire d’un trouble mental n’en est pas moins obligé à réparation. L’irresponsabilité pour trouble mental existe en droit pénal, pas en droit civil.
L’essentiel à retenir : La responsabilité civile extracontractuelle
Les conditions communes
La responsabilité civile extracontractuelle oblige l’auteur d’un dommage causé hors de tout contrat à le réparer. Trois conditions sont requises : un fait générateur, un dommage réparable (certain, direct, personnel et portant atteinte à un intérêt légitime) et un lien de causalité entre les deux. Le juge applique le principe de réparation intégrale : tout le préjudice, mais rien que le préjudice.
La responsabilité du fait personnel
L’article 1240 du Code civil (ancien article 1382) dispose que « tout fait quelconque de l’homme, qui cause à autrui un dommage, oblige celui par la faute duquel il est arrivé à le réparer ». L’article 1241 (ancien article 1383) étend cette responsabilité à la négligence et à l’imprudence. La faute s’apprécie in abstracto, par comparaison avec le comportement d’une personne raisonnable placée dans les mêmes circonstances. Depuis les arrêts de l’Assemblée plénière du 9 mai 1984, notamment Derguini et Lemaire, un jeune enfant (infans) peut commettre une faute sans que son discernement soit exigé ; de même, celui qui a causé un dommage sous l’empire d’un trouble mental reste tenu de le réparer (article 414-3).
Le fait des choses et le fait d’autrui
L’article 1242 alinéa 1er (ancien article 1384) vise le dommage causé par le fait des choses que l’on a sous sa garde. Depuis l’arrêt Jand’heur (Chambres réunies, 13 février 1930), le gardien est présumé responsable et ne s’exonère qu’en prouvant une cause étrangère (force majeure, fait d’un tiers ou faute de la victime). L’arrêt Franck (1941) définit la garde comme l’usage, la direction et le contrôle de la chose.
Le même alinéa fonde un principe général de responsabilité du fait d’autrui depuis l’arrêt Blieck (Ass. plén., 29 mars 1991). Les parents répondent de plein droit du dommage causé par leur enfant mineur habitant avec eux : depuis l’arrêt Bertrand (Civ. 2e, 19 février 1997), seule la force majeure ou la faute de la victime les exonère. Le commettant répond de ses préposés, mais le préposé qui agit sans excéder les limites de sa mission n’engage pas sa responsabilité envers les tiers (arrêt Costedoat, Ass. plén., 25 février 2000). Enfin, la loi Badinter du 5 juillet 1985 organise un régime autonome pour les accidents de la circulation impliquant un véhicule terrestre à moteur.
8 flashcards pour mémoriser
Essaie de répondre avant de retourner la carte.
Article 1240+
Tout fait quelconque de l’homme qui cause à autrui un dommage oblige celui par la faute duquel il est arrivé à le réparer.
Article 1241+
Chacun est responsable du dommage qu’il a causé non seulement par son fait, mais encore par sa négligence ou par son imprudence.
Arrêt Jand’heur (1930)+
Présomption de responsabilité du gardien de la chose ; exonération par la seule cause étrangère.
Garde (arrêt Franck, 1941)+
Pouvoir d’usage, de direction et de contrôle sur la chose.
Arrêt Blieck (1991)+
Principe général de responsabilité du fait d’autrui pour celui qui organise et contrôle à titre permanent le mode de vie d’autrui.
Arrêt Bertrand (1997)+
Responsabilité de plein droit des parents : exonération par la seule force majeure ou faute de la victime.
Arrêt Costedoat (2000)+
Immunité du préposé qui agit sans excéder les limites de la mission impartie par son commettant.
Réparation intégrale+
Réparer tout le préjudice, mais rien que le préjudice, sans perte ni profit pour la victime.
Continue avec ces quiz
Licence 2 · Droit des obligations
La formation du contrat
Ce quiz porte sur la formation du contrat telle qu’elle résulte de l’ordonnance du 10 février 2016 : rencontre des volontés, conditions de validité et sanctions. Il vise les étudiants de Licence 2 en droit des obligations ; chaque correction renvoie aux articles du Code civil à connaître.
10 questionsLicence 1 · Droit des personnes
La personnalité juridique et la capacité
Ce quiz couvre la personnalité juridique des personnes physiques et morales, puis la capacité des mineurs et des majeurs protégés. Il s’adresse aux étudiants de Licence 1 en droit des personnes ; lis le rappel, réponds aux questions puis relis les corrections, qui renvoient aux articles du Code civil.
10 questionsLicence 2 · Droit des biens
Le droit de propriété
Ce quiz porte sur le droit de propriété : définition, attributs, caractères, limites et modes d’acquisition. Il s’adresse aux étudiants en droit des biens (Licence 1 ou 2 selon les facultés) ; révise le rappel, puis teste ta maîtrise des articles 544, 545, 552, 2272 et 2276 du Code civil.
10 questions