Quiz : la formation du contrat (réforme de 2016)
Ce quiz porte sur la formation du contrat telle qu’elle résulte de l’ordonnance du 10 février 2016 : rencontre des volontés, conditions de validité et sanctions. Il vise les étudiants de Licence 2 en droit des obligations ; chaque correction renvoie aux articles du Code civil à connaître.
Le quiz : 10 questions corrigées
Réponds sans regarder ton cours : l’explication s’affiche après chaque réponse.
Question 1 sur 10
Selon l’article 1128 du Code civil, laquelle de ces exigences n’est PAS une condition de validité du contrat ?
Réponse : Une cause licite dans l’obligation. Depuis la réforme de 2016, l’article 1128 ne vise plus la cause : il exige le consentement, la capacité et un contenu licite et certain. La « cause licite dans l’obligation » figurait dans l’ancien article 1108.Question 2 sur 10
Selon l’article 1121, à quel moment un contrat conclu à distance est-il formé ?
Réponse : Dès que l’acceptation parvient à l’offrant. Le Code civil consacre la théorie de la réception : le contrat est conclu dès que l’acceptation parvient à l’offrant, et au lieu où elle est parvenue. Peu importe le moment où il en prend réellement connaissance.Question 3 sur 10
Que se passe-t-il si l’offrant rétracte son offre avant l’expiration du délai qu’il avait lui-même fixé ?
Réponse : Le contrat n’est pas conclu, mais l’offrant engage sa responsabilité extracontractuelle. L’article 1116 prévoit que la rétractation fautive empêche la conclusion du contrat : le destinataire ne peut obtenir que des dommages et intérêts, qui ne couvrent pas la perte des avantages attendus du contrat.Question 4 sur 10
En principe, le silence gardé par le destinataire d’une offre…
Réponse : ne vaut pas acceptation. L’article 1120 pose que le silence ne vaut pas acceptation, à moins qu’il n’en résulte autrement de la loi, des usages, des relations d’affaires ou de circonstances particulières.Question 5 sur 10
Un acheteur paie un tableau trop cher, sans aucune manœuvre du vendeur ; son erreur porte uniquement sur la valeur. Le contrat est-il annulable ?
Réponse : Non, l’erreur sur la valeur n’est pas en elle-même une cause de nullité. Selon l’article 1136, l’erreur sur la valeur, simple appréciation économique inexacte, n’est pas une cause de nullité. Elle ne le devient que si elle a été provoquée par un dol (article 1139).Question 6 sur 10
Un vendeur tait volontairement un défaut qu’il sait déterminant pour l’acheteur. De quel vice du consentement s’agit-il ?
Réponse : D’une réticence dolosive. L’article 1137 assimile au dol la dissimulation intentionnelle par l’un des contractants d’une information dont il sait le caractère déterminant pour l’autre partie.Question 7 sur 10
Quelle est la sanction d’une clause créant un déséquilibre significatif dans un contrat d’adhésion (article 1171) ?
Réponse : La clause est réputée non écrite. La clause abusive est réputée non écrite : elle disparaît, mais le reste du contrat subsiste. L’appréciation du déséquilibre ne porte ni sur l’objet principal ni sur l’adéquation du prix à la prestation.Question 8 sur 10
Selon l’article 1179, quand la nullité est-elle relative ?
Réponse : Lorsque la règle violée a pour seul objet la sauvegarde d’un intérêt privé. La nullité relative sanctionne une règle protectrice d’un intérêt privé (vice du consentement, incapacité) ; seule la partie protégée peut l’invoquer et elle peut confirmer le contrat.Question 9 sur 10
Dans une promesse unilatérale de contrat, que se passe-t-il si le promettant se rétracte avant que le bénéficiaire ait levé l’option dans le délai ?
Réponse : La révocation n’empêche pas la formation du contrat promis. L’article 1124 dispose que la révocation de la promesse pendant le temps laissé au bénéficiaire pour opter n’empêche pas la formation du contrat promis. La réforme a ainsi écarté la solution de l’arrêt Consorts Cruz (1993), qui limitait la sanction à des dommages et intérêts.Question 10 sur 10
Quel texte a réformé le droit des contrats avec une entrée en vigueur le 1er octobre 2016 ?
Réponse : L’ordonnance du 10 février 2016. L’ordonnance du 10 février 2016 a réécrit le droit commun des contrats. La loi du 20 avril 2018 l’a ratifiée en y apportant quelques modifications ; la loi du 17 juin 2008 a réformé la prescription.
L’essentiel à retenir : La formation du contrat
Définition et rencontre des volontés
Depuis l’ordonnance du 10 février 2016, entrée en vigueur le 1er octobre 2016, l’article 1101 du Code civil définit le contrat comme un accord de volontés entre deux ou plusieurs personnes destiné à créer, modifier, transmettre ou éteindre des obligations. Le principe est la liberté contractuelle (article 1102) et les contrats doivent être négociés, formés et exécutés de bonne foi, disposition d’ordre public (article 1104). Les contrats sont par principe consensuels (article 1172).
Le contrat se forme par la rencontre d’une offre et d’une acceptation (article 1113). L’offre, ferme et précise, peut être librement rétractée tant qu’elle n’est pas parvenue à son destinataire, mais pas avant l’expiration du délai fixé ou, à défaut, d’un délai raisonnable : la rétractation fautive empêche la conclusion du contrat et engage la responsabilité extracontractuelle de son auteur (article 1116). Le silence ne vaut pas acceptation, sauf loi, usages, relations d’affaires ou circonstances particulières (article 1120). Le contrat est conclu dès que l’acceptation parvient à l’offrant (article 1121) : c’est la théorie de la réception.
Les conditions de validité
Selon l’article 1128, sont nécessaires à la validité d’un contrat le consentement des parties, leur capacité de contracter et un contenu licite et certain. La cause, exigée par l’ancien article 1108, a disparu en tant que telle. Le consentement doit exister et être exempt de vices : erreur, dol et violence (article 1130). L’erreur n’est une cause de nullité que si elle porte sur les qualités essentielles de la prestation ou du cocontractant ; l’erreur sur la valeur ou sur un simple motif est en principe indifférente. Le dol inclut la dissimulation intentionnelle d’une information déterminante (réticence dolosive) et rend toujours excusable l’erreur qu’il provoque. L’abus de l’état de dépendance est assimilé à la violence (article 1143).
Les sanctions
Le contrat qui ne remplit pas les conditions de validité est nul (article 1178). La nullité est absolue lorsque la règle violée protège l’intérêt général, relative lorsqu’elle protège un intérêt privé (article 1179). Le contrat annulé est censé n’avoir jamais existé et les prestations exécutées donnent lieu à restitution. Certaines clauses sont seulement réputées non écrites : celle qui prive de sa substance l’obligation essentielle du débiteur (article 1170) ou, dans un contrat d’adhésion, celle qui crée un déséquilibre significatif entre les droits et obligations des parties (article 1171).
8 flashcards pour mémoriser
Essaie de répondre avant de retourner la carte.
Article 1101+
Le contrat est un accord de volontés entre deux ou plusieurs personnes destiné à créer, modifier, transmettre ou éteindre des obligations.
Article 1104+
Les contrats doivent être négociés, formés et exécutés de bonne foi ; cette disposition est d’ordre public.
Article 1121+
Le contrat est conclu dès que l’acceptation parvient à l’offrant (théorie de la réception).
Article 1128+
Conditions de validité : consentement des parties, capacité de contracter, contenu licite et certain.
Vices du consentement (article 1130)+
L’erreur, le dol et la violence, lorsqu’ils sont déterminants du consentement.
Réticence dolosive+
Dissimulation intentionnelle d’une information dont le contractant sait le caractère déterminant pour l’autre (article 1137).
Abus de l’état de dépendance+
Forme de violence : exploiter la dépendance d’un contractant pour obtenir un engagement et en tirer un avantage manifestement excessif (article 1143).
Nullité relative+
Sanctionne une règle protégeant un intérêt privé ; seule la partie protégée peut l’invoquer et le contrat peut être confirmé.
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