Licence 2 · Droit administratif

Quiz : l’acte administratif unilatéral

Ce quiz porte sur l’acte administratif unilatéral : définition, classification, entrée en vigueur, retrait, abrogation et contrôle par le juge. Il s’adresse aux étudiants de Licence 2 en droit administratif ; les corrections rappellent les grands arrêts et les règles du Code des relations entre le public et l’administration (CRPA).

Le quiz : 10 questions corrigées

Réponds sans regarder ton cours : l’explication s’affiche après chaque réponse.

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  1. Question 1 sur 10

    Qu’est-ce qui caractérise un acte administratif unilatéral ?

  2. Question 2 sur 10

    Un arrêté préfectoral interdisant la baignade sur toutes les plages d’un département est un acte…

  3. Question 3 sur 10

    Quel arrêt qualifie le caractère exécutoire des décisions administratives de « règle fondamentale du droit public » ?

  4. Question 4 sur 10

    À partir de quand une décision individuelle est-elle opposable à son destinataire ?

  5. Question 5 sur 10

    Dans quel délai l’administration peut-elle, de sa propre initiative, retirer une décision individuelle créatrice de droits illégale ?

  6. Question 6 sur 10

    Quelle est la différence entre le retrait et l’abrogation d’un acte administratif ?

  7. Question 7 sur 10

    Que pose l’arrêt Dame Lamotte (CE, Ass., 17 février 1950) ?

  8. Question 8 sur 10

    Lequel de ces moyens relève de la légalité externe ?

  9. Question 9 sur 10

    Depuis la loi du 12 novembre 2013, que vaut en principe le silence gardé pendant deux mois par l’administration sur une demande ?

  10. Question 10 sur 10

    Quelles décisions doivent être motivées en application de la loi du 11 juillet 1979, reprise dans le CRPA ?

L’essentiel à retenir : L’acte administratif unilatéral

Définition et classification

L’acte administratif unilatéral est une décision prise par une autorité administrative qui modifie l’ordonnancement juridique sans le consentement de ses destinataires. On distingue l’acte réglementaire, général et impersonnel, de l’acte individuel, qui vise une ou plusieurs personnes nommément désignées ; certains actes ne sont ni réglementaires ni individuels, comme la déclaration d’utilité publique. Les mesures d’ordre intérieur échappent au recours, mais leur champ s’est réduit (CE, Ass., 17 février 1995, Marie et Hardouin). Les circulaires impératives peuvent être contestées (CE, Sect., 18 décembre 2002, Duvignères), tout comme certains actes de droit souple (CE, Ass., 21 mars 2016, Fairvesta et Numericable).

Édiction et entrée en vigueur

L’administration bénéficie du privilège du préalable : ses décisions sont exécutoires sans intervention préalable du juge, ce qui constitue « la règle fondamentale du droit public » (CE, Ass., 2 juillet 1982, Huglo). Le recours contentieux n’est en principe pas suspensif. L’acte réglementaire entre en vigueur par sa publication ; l’acte individuel devient opposable à son destinataire par sa notification. Le principe de non-rétroactivité des actes administratifs a été consacré par l’arrêt Société du journal L’Aurore (CE, Ass., 25 juin 1948). Les décisions individuelles défavorables énumérées par la loi du 11 juillet 1979, reprise dans le CRPA, doivent être motivées. Depuis la loi du 12 novembre 2013, le silence gardé pendant deux mois par l’administration vaut en principe acceptation, sous de nombreuses exceptions.

Disparition et contrôle de l’acte

Le retrait fait disparaître l’acte rétroactivement ; l’abrogation seulement pour l’avenir. Selon l’arrêt Ternon (CE, Ass., 26 octobre 2001), repris par l’article L. 242-1 du CRPA, l’administration ne peut retirer de sa propre initiative une décision créatrice de droits que si elle est illégale et dans les quatre mois suivant son édiction. Tout acte administratif peut faire l’objet d’un recours pour excès de pouvoir, même sans texte (CE, Ass., 17 février 1950, Dame Lamotte), dans un délai de deux mois. Le juge contrôle la légalité externe (incompétence, vice de forme ou de procédure) et la légalité interne (violation de la règle de droit, erreur de droit ou de fait, détournement de pouvoir).

8 flashcards pour mémoriser

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Acte administratif unilatéral+

Décision de l’administration qui modifie l’ordonnancement juridique sans le consentement de ses destinataires.

Privilège du préalable+

Caractère exécutoire des décisions administratives sans intervention préalable du juge (CE, 1982, Huglo).

Arrêt Ternon (2001)+

Retrait d’une décision individuelle créatrice de droits illégale possible dans les quatre mois suivant son édiction.

Retrait et abrogation+

Le retrait supprime l’acte rétroactivement ; l’abrogation y met fin pour l’avenir seulement.

Arrêt Dame Lamotte (1950)+

Le recours pour excès de pouvoir est ouvert même sans texte contre tout acte administratif (principe général du droit).

Délai de recours contentieux+

Deux mois à compter de la publication ou de la notification de la décision.

Légalité externe+

Incompétence, vice de forme et vice de procédure.

Légalité interne+

Violation directe de la règle de droit, erreur de droit, erreur de fait, détournement de pouvoir.

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