Quiz : la conscience (Terminale, bac de philo)
Ce quiz couvre la notion de conscience au programme de Terminale : conscience de soi, cogito cartésien, intentionnalité et critique du moi. Fais-le d’abord sans notes, puis relis les explications et le rappel de cours pour préparer ta dissertation ou ton explication de texte.
Le quiz : 11 questions corrigées
Réponds sans regarder ton cours : l’explication s’affiche après chaque réponse.
Question 1 sur 11
Que signifie étymologiquement le mot « conscience » (latin conscientia) ?
Réponse : Savoir avec. Conscientia vient de cum (« avec ») et scientia (« savoir ») : être conscient, c’est accompagner ce que l’on vit d’un savoir. Ce sens vaut pour la conscience psychologique comme pour la conscience morale.Question 2 sur 11
Quelle formule est au cœur du cogito cartésien ?
Réponse : « Je pense, donc je suis ». Même en doutant de tout, Descartes ne peut douter qu’il pense : « je pense, donc je suis ». L’existence se déduit de la pensée, et non l’inverse ; les sens, eux, ont été révoqués en doute.Question 3 sur 11
Dans quel ouvrage Descartes écrit-il « je pense, donc je suis » ?
Réponse : Le Discours de la méthode. La formule française figure dans la quatrième partie du Discours de la méthode (1637). Les Pensées sont de Pascal et l’Éthique de Spinoza ; dans les Méditations métaphysiques, Descartes écrit plutôt « je suis, j’existe ».Question 4 sur 11
Que désigne l’intentionnalité de la conscience chez Husserl ?
Réponse : Le fait que la conscience vise toujours un objet. Pour Husserl, « toute conscience est conscience de quelque chose » : elle est toujours tournée vers un objet qu’elle vise. Le mot n’a pas ici le sens courant d’« intention d’agir ».Question 5 sur 11
Pourquoi Pascal dit-il que l’homme, « roseau pensant », est plus noble que l’univers qui l’écrase ?
Réponse : Parce qu’il sait qu’il meurt. Dans les Pensées, Pascal écrit que l’homme est plus noble que ce qui le tue, « puisqu’il sait qu’il meurt », alors que l’univers n’en sait rien. « Toute notre dignité consiste donc en la pensée », non en la force.Question 6 sur 11
Selon Hume, que trouve-t-on quand on cherche le « moi » par introspection ?
Réponse : Un simple faisceau de perceptions. Dans le Traité de la nature humaine, Hume ne saisit jamais un moi distinct de ses perceptions : le moi n’est qu’un « faisceau » de perceptions qui se succèdent. Il s’oppose ainsi à la chose pensante de Descartes.Question 7 sur 11
Quel exemple Leibniz utilise-t-il pour illustrer les « petites perceptions » ?
Réponse : Le mugissement de la mer. Nous entendons le mugissement de la mer sans percevoir distinctement le bruit de chaque vague, qui pourtant y contribue. Le morceau de cire est un exemple de Descartes, le roseau une image de Pascal.Question 8 sur 11
Qu’est-ce qui distingue la conscience morale de la conscience psychologique ?
Réponse : Elle juge les actes selon le bien et le mal. La conscience psychologique est la connaissance de ce que je vis ou fais ; la conscience morale est la capacité de juger mes actes selon le bien et le mal. On peut donc être conscient d’un acte sans en éprouver de remords.Question 9 sur 11
Sur quoi Locke fonde-t-il l’identité personnelle ?
Réponse : Sur la conscience et la mémoire. Pour Locke, je suis la même personne aussi loin que ma conscience peut s’étendre vers mes actions et pensées passées. Ce n’est pas l’identité du corps qui fait la personne, mais la continuité de la conscience.Question 10 sur 11
Laquelle de ces affirmations n’est PAS une thèse de Descartes ?
Réponse : Le moi n’est qu’un faisceau de perceptions. Le moi comme « faisceau de perceptions » est la thèse de Hume, qui critique justement la chose pensante cartésienne. Les trois autres affirmations viennent du Discours de la méthode et des Méditations métaphysiques.Question 11 sur 11
Que veut dire Kant quand il écrit que le « je pense » doit pouvoir accompagner toutes mes représentations ?
Réponse : Que l’unité de la conscience relie mes représentations. Toutes mes représentations doivent pouvoir être rapportées à un même sujet : c’est cette unité de la conscience qui fait d’elles mes représentations. Il ne s’agit pas d’une introspection permanente.
L’essentiel à retenir : La conscience
Définir la conscience
Le mot vient du latin conscientia, « savoir avec » : être conscient, c’est savoir ce que l’on vit en même temps qu’on le vit. On distingue la conscience spontanée, tournée vers le monde, et la conscience réfléchie, par laquelle l’esprit se prend lui-même pour objet. Il faut aussi distinguer la conscience psychologique (savoir ce que l’on fait ou pense) et la conscience morale (juger ce que l’on fait comme bien ou mal).
Pour Husserl, fondateur de la phénoménologie, « toute conscience est conscience de quelque chose » : c’est l’intentionnalité. La conscience n’est pas une boîte fermée, elle est toujours visée d’un objet. Pascal souligne la grandeur qu’elle confère à l’homme : « roseau pensant », l’homme est plus noble que l’univers qui l’écrase, parce qu’il sait qu’il meurt.
Le cogito et la conscience de soi
Dans le Discours de la méthode (1637) puis les Méditations métaphysiques (1641), Descartes soumet toutes ses opinions au doute méthodique. Il peut douter des sens, du monde, de son corps, mais pas du fait qu’il doute, donc qu’il pense : « je pense, donc je suis ». Le cogito est la première vérité certaine, et il fait de l’homme une « chose qui pense », dont l’esprit est plus aisé à connaître que le corps.
Kant ajoute que le « je pense » doit pouvoir accompagner toutes mes représentations : c’est l’unité de la conscience qui fait de moi un sujet. Locke fonde l’identité personnelle sur la conscience et la mémoire : je suis la même personne aussi loin que ma conscience peut remonter vers mes actions passées.
Les limites de la conscience de soi
Hume, cherchant ce « moi » par introspection, ne trouve jamais qu’une succession de perceptions particulières (chaud, froid, plaisir, douleur) : le moi n’est qu’un « faisceau de perceptions ». Leibniz montre que nous avons une infinité de « petites perceptions » trop faibles pour être aperçues, comme le bruit de chaque vague dans le mugissement de la mer. Enfin, Freud remettra en cause la transparence de la conscience à elle-même avec l’hypothèse de l’inconscient.
8 flashcards pour mémoriser
Essaie de répondre avant de retourner la carte.
Cogito+
« Je pense, donc je suis » (Descartes, Discours de la méthode, 1637) : première vérité indubitable, obtenue par le doute méthodique.
Intentionnalité+
Husserl : « toute conscience est conscience de quelque chose », elle vise toujours un objet.
Roseau pensant+
Pascal : l’homme est faible, mais plus noble que l’univers car il sait qu’il meurt.
Faisceau de perceptions+
Hume : le moi n’est pas une substance, mais une succession de perceptions.
Petites perceptions+
Leibniz : perceptions trop faibles pour être aperçues (le bruit de chaque vague dans celui de la mer).
Conscience réfléchie+
Retour de l’esprit sur lui-même, qui se prend pour objet de pensée.
Identité personnelle selon Locke+
Elle repose sur la continuité de la conscience et de la mémoire, non sur celle du corps.
Conscience morale+
Faculté de juger ses propres actes selon le bien et le mal.
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