Quiz : les figures de style (comparaison, métaphore, oxymore…)
Ce quiz passe en revue les figures de style les plus attendues au brevet et au bac de français : analogie, substitution, opposition, insistance et atténuation. Relis d’abord l’essentiel à retenir, puis réponds aux 12 questions : chaque correction t’explique comment reconnaître la figure et éviter les confusions classiques.
Le quiz : 12 questions corrigées
Réponds sans regarder ton cours : l’explication s’affiche après chaque réponse.
Question 1 sur 12
Quelle figure de style reconnais-tu dans « Ce nuage ressemble à un navire » ?
Réponse : Une comparaison. Le verbe « ressembler à » est un outil de comparaison qui relie le comparé (le nuage) au comparant (un navire). Sans outil, ce serait une métaphore.Question 2 sur 12
Dans « Cette obscure clarté qui tombe des étoiles » (Corneille), quelle figure unit « obscure » et « clarté » ?
Réponse : Un oxymore. Deux termes de sens contraire sont étroitement liés dans le même groupe nominal : c’est un oxymore. L’antithèse, elle, oppose des termes plus éloignés dans la phrase.Question 3 sur 12
Quelle figure Chimène emploie-t-elle quand elle dit à Rodrigue « Va, je ne te hais point » ?
Réponse : Une litote. Chimène dit moins (« je ne te hais point ») pour faire entendre plus (« je t’aime ») : c’est une litote. L’euphémisme sert à adoucir une réalité pénible, pas à renforcer un sentiment.Question 4 sur 12
Quelle figure structure la phrase « Il faut manger pour vivre et non pas vivre pour manger » ?
Réponse : Un chiasme. Les termes sont repris en ordre inverse (manger / vivre, puis vivre / manger), selon la structure croisée ABBA qui définit le chiasme.Question 5 sur 12
Dans « Toute la salle s’est levée pour applaudir », quelle figure désigne les spectateurs par le lieu ?
Réponse : Une métonymie. La salle (le lieu) est mise pour les spectateurs qui l’occupent : c’est une métonymie du contenant pour le contenu. Il n’y a pas de personnification, car ce sont bien des personnes qui applaudissent.Question 6 sur 12
Dans « Pour qui sont ces serpents qui sifflent sur vos têtes ? » (Racine), comment appelle-t-on la répétition du son [s] ?
Réponse : Une allitération. La répétition d’un son consonne est une allitération ; ici, elle imite le sifflement des serpents. L’assonance concerne la répétition d’un son voyelle.Question 7 sur 12
Quelle figure donne une forme concrète, souvent un personnage, à une idée abstraite comme la Mort ou la Liberté ?
Réponse : L’allégorie. L’allégorie incarne une idée abstraite (la Mort avec sa faux, la Justice avec sa balance). La personnification, elle, se contente de prêter des traits humains à un animal, un objet ou une idée, sans en faire une figure incarnée et symbolique.Question 8 sur 12
Quelle figure emploie-t-on en disant « l’astre du jour » pour désigner le soleil ?
Réponse : Une périphrase. La périphrase remplace un mot par une expression plus longue qui en donne une caractéristique : « l’astre du jour » pour le soleil, « la Ville lumière » pour Paris.Question 9 sur 12
Laquelle de ces figures n’est PAS une figure d’insistance ou d’amplification ?
Réponse : L’euphémisme. L’euphémisme atténue une réalité au lieu de l’amplifier. L’hyperbole exagère, la gradation intensifie et l’anaphore martèle un mot : ce sont des figures d’insistance.Question 10 sur 12
Quelle figure emploie-t-on en lançant « Bravo, quelle réussite ! » à quelqu’un qui vient de tout casser ?
Réponse : Une antiphrase. On dit exactement le contraire de ce que l’on pense, dans une intention ironique : c’est une antiphrase. La litote, elle, dit moins pour suggérer plus, sans inverser le sens.Question 11 sur 12
Quelle figure crée la progression d’intensité dans « Va, cours, vole, et nous venge » (Corneille) ?
Réponse : Une gradation. Les verbes sont ordonnés du plus faible au plus fort (aller, courir, voler) : c’est une gradation ascendante, qui traduit l’urgence de la vengeance réclamée par Don Diègue.Question 12 sur 12
Quelle figure reconnais-tu dans « Rome, l’unique objet de mon ressentiment ! / Rome, à qui vient ton bras d’immoler mon amant ! » (Corneille) ?
Réponse : Une anaphore. Le mot « Rome » est répété en tête de vers : c’est une anaphore, qui martèle l’objet de la haine de Camille.
L’essentiel à retenir : Les figures de style
Rapprocher et remplacer : analogie et substitution
La comparaison rapproche deux éléments, le comparé et le comparant, à l’aide d’un outil de comparaison : comme, tel, pareil à, ressembler à (« Ce nuage ressemble à un navire »). La métaphore fait le même rapprochement sans outil (« Ses yeux sont des étoiles ») ; prolongée sur plusieurs phrases ou vers, elle devient une métaphore filée. La personnification prête des traits humains à un animal, un objet ou une idée (« Le vent gémit dans la forêt »). L’allégorie donne une forme concrète, souvent un personnage, à une idée abstraite : la Mort armée de sa faux, la Justice tenant sa balance.
D’autres figures remplacent un mot par un autre. La métonymie désigne une réalité par un terme qui lui est logiquement lié : le contenant pour le contenu (« boire un verre »), l’auteur pour l’œuvre (« lire un Balzac »), le lieu pour ses occupants (« la salle applaudit »). La synecdoque, souvent rangée parmi les métonymies, désigne notamment le tout par la partie (« une voile à l’horizon » pour un bateau). La périphrase remplace un mot par une expression plus longue qui le caractérise : « l’astre du jour » pour le soleil.
Opposer, insister, amplifier
L’antithèse oppose deux termes ou deux idées dans un même passage (« Je vis, je meurs », Louise Labé). L’oxymore unit étroitement deux mots de sens contraire : « Cette obscure clarté qui tombe des étoiles » (Corneille, Le Cid). Le chiasme croise deux groupes selon la structure ABBA : « Il faut manger pour vivre et non pas vivre pour manger » (Molière, L’Avare).
Pour insister, l’anaphore répète un mot en tête de vers ou de phrase ; l’accumulation juxtapose de nombreux termes ; la gradation les ordonne selon une intensité croissante ou décroissante (« Va, cours, vole, et nous venge », Corneille). L’hyperbole exagère pour frapper les esprits (« mourir de faim »). Les sonorités comptent aussi : l’allitération répète un son consonne (« Pour qui sont ces serpents qui sifflent sur vos têtes ? », Racine), l’assonance un son voyelle.
Atténuer ou dire le contraire
La litote dit moins pour faire entendre plus, souvent grâce à une négation : « Va, je ne te hais point », dit Chimène à Rodrigue pour avouer son amour. L’euphémisme adoucit une réalité pénible : « il nous a quittés » pour « il est mort ». L’antiphrase dit le contraire de ce que l’on pense, dans une intention ironique : « Quel temps superbe ! » sous une averse. À l’examen, nomme la figure, cite le passage, puis explique son effet : c’est l’interprétation qui rapporte des points.
8 flashcards pour mémoriser
Essaie de répondre avant de retourner la carte.
Comparaison ou métaphore : quelle différence ?+
La comparaison utilise un outil (comme, tel, pareil à, ressembler à) ; la métaphore rapproche les deux éléments sans outil.
Oxymore+
Union étroite de deux termes de sens contraire dans un même groupe : « cette obscure clarté ».
Antithèse+
Opposition de deux mots ou de deux idées dans un même passage : « Je vis, je meurs ».
Chiasme+
Construction croisée de deux groupes selon le schéma ABBA : « manger pour vivre / vivre pour manger ».
Métonymie+
Remplacement d’un mot par un autre qui lui est logiquement lié : « boire un verre », « lire un Balzac ».
Litote+
Dire moins pour suggérer plus, souvent par une négation : « Va, je ne te hais point ».
Euphémisme+
Atténuation d’une réalité pénible ou choquante : « il nous a quittés » pour « il est mort ».
Allitération et assonance+
Allitération : répétition d’un son consonne. Assonance : répétition d’un son voyelle.
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